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Partenariat : expédition Polar Lys 2008

Nocturnes partenaire de l’expédition

Le lundi 1er septembre 2008 par Daniel Toni

2008 marque la 23ème expédition de l’association dans l’arctique. Avec des associations comme « l’enfant @ l’hôpital », l’espace multimédia de la cité des sciences ou encore des écoles ou centres de vacances, Polar Lys construit à chaque fois un projet pédagogique afin de sensibiliser jeunes et moins jeunes à la fragilité du monde polaire. La démarche est toute simple, montrer que l’arctique est un monde magnifique peuplé d’une biodiversité fragile encore trop mal connue du grand public. Pour cela, raconter sur notre site web quotidiennement, photographier et filmer la vie sauvage et témoigner des bouleversements climatiques en cours …

Direction cette année l’île Somerset dans la baie de Cresswell et l’immense lac Flecher, situé dans le Nunavut (extrême nord canadien). Le choix s’est porté sur cette destination pour deux raisons. C’est en premier lieu l’une des rares oasis arctiques qui comporte une grande biodiversité. Par ailleurs, Polar Lys voulait être le témoin d’un évènement astronomique rarissime sous ces latitudes, une éclipse totale du soleil.

Emportant dans les bagages, 2 kayaks (1 biplace et un biplace transformé en monoplace permettant de prendre une chienne, Sun Shine, pour la prévention des ours polaires), le matériel informatique habituel (ordinateurs, téléphone satellite, panneaux solaires, nombreuses batteries), 15 kgs de matériel photo et 2 caméras vidéos, et enfin le matériel pour rester 25 jours en totale autonomie (tente, duvets, réchauds, nourriture...).

"C’est une expédition dure à la fois physiquement et psychologiquement qui nous attend. En effet, des conditions météos difficiles, de la glace dérivante qui joue avec nos nerfs et nous emprisonne plusieurs fois nous amènent à nous battre chaque jour souvent dans un environnement hostile. Mais en revanche, nous avons la récompense d’observer de très belles séquences de la vie sauvage. La défense de l’environnement arctique est un enjeu de plus en plus en plus important à une époque où l’on commence à s’intéresser de très près aux immenses ressources de pétrole que les sous sols arctique contiennent. Ils sont devenus exploitables par une ironie du sort à cause du réchauffement climatique qui a ouvert de nombreuses routes maritimles encore impensables d’accès il y a quelques années. Le passage du Nord Ouest si longtemps infranchissable et dont la littérature polaire nous abreuve d’histoires toutes plus héroïques les unes que les autres est devenu aujourd’hui praticable. Exploiter ce pétrole serait pire que tout à mon avis. Le rôle de notre association est d’éduquer, de témoigner, de dire que l’arctique, ce n’est pas qu’un désert blanc sans vie, mais au contraire une richesse de vie qui explose l’été et qui survit l’hiver. Les questions et messages sur le site Polar Lys ont été nombreux et nous en sommes très heureux. Cela démontre un intérêt pour ces régions. Peut être chez les plus jeunes suscitons nous des vocations. Ce sont eux qui plus tard prendront le flambeau et s’efforceront à leurs tours de préserver l’environnement. Il y a urgence certes mais il faut garder aussi espoir. Investir dans les nouvelles énergies. A notre modeste échelle, nous n’avons pas utilisé une seule pile. Tout (ordinateurs, téléphone satellite, appareils photos numériques, caméras, GPS) a été rechargé avec l’énergie du soleil. Et maintenant que nous sommes rentrés : un livre en préparation qui sortira à la fin de l’année 2009 et le montage du film qui sera prêt pour Noël."

Extraits des journaux de bord envoyés quotidiennement :

1er aout :
C’est à 4h10 que le miracle s’accomplit. Le soleil sort des nuages, profitant d’un petit espace qui lui est octroyé. Nous sortons nos lunettes spécialement faites pour voir les éclipses (il ne faut jamais regarder le soleil à l’œil nu pendant une éclipse sous risque d’être aveugle), et distinguons le disque solaire qui se taille un chemin parmi les nuages. C’est Jean-Yves qui voit en premier le croissant tant espéré de la lune venant cacher le soleil. Pierre confirme en imprimant sur son appareil photo muni d’un puissant téléobjectif des images que nous pouvons regarder sur l’écran de contrôle à cristaux liquide. Quand à moi, je laisse tourner la caméra. Nous avons une chance inouïe !!!! Le disque de la lune va épouser progressivement celui du soleil. Il règne une atmosphère étrange, une lumière bizarre qui rend presque mal à l’aise. Puis c’est le moment magique, moment qui ne dure pas plus que 2 petites minutes, moment où brusquement il fait nuit noire, où la lune cache complètement le soleil ! Nous sommes plongés dans l’obscurité, c’est extraordinaire. A ce moment, nous pouvons enlever les lunettes et contempler la nuit. Puis le croissant lumineux réapparaît. Vite, remettre les lunettes. Nous continuons à filmer et à photographier jusqu’à ce que le soleil soit visible en entier. Quelques minutes plus tard, il disparaît de nouveau définitivement derrière les nuages !

7 aout :
Toute la nuit, pluie, pluie, pluie … et vent fort ! Le climat de l’arctique canadien est devenu un climat sub-arctique semblable à l’Islande ou au nord de l’Europe. Nous qui avons connu ces régions il y a bien des années maintenant voyons une conséquence directe du réchauffement climatique. Je peux dire que quand il pleuvait, c’était quelques minutes pour quelques gouttes. Aujourd’hui, c’est totalement différent. La pluie étant l’ennemie de la glace, elle contribue elle aussi a accélérer la fonte de la glace !

17 aout :
Nous voyons en effet une bande d’eau libre juste derrière le cap et c’est à cet endroit que nous réembarquons après 2 heures d’efforts. La navigation ne dure pas longtemps. Au détour d’un autre cap, nous devons nous rendre à l’évidence. La glace s’est accumulée dans tout le fjord et nous avons le choix entre faire des portages terrestres sur un terrain rocailleux et difficile, ou tirer nos kayaks le long de la berge. Nous optons pour la deuxième solution. Au moins, nous avançons en une fois et psychologiquement c’est très motivant. S’en suit alors une journée de tractage, le but étant de gagner le fond du fjord. Progresser ainsi est totalement aliénant. Nous tirons nos kayaks dans une glace pilée. Il faut sans cesse monter sur des plaques qui s’effritent sous notre poids. Dés fois, la glace est suffisamment solide pour que nous puissions marcher dessus mais cela veut dire qu’il faut hisser le kayak sur cette plaque. Cela demande toujours un gros effort. Mètre après mètre nous avançons. Le meilleur moyen de faire est encore de se donner une heure et de se dire que quelque soit la difficulté, quelque soit la fatigue, il faut avancer sans se poser de question, verrouiller dans sa tête comme on dit. Et alors, pas après pas, mètre après mètre, nous avançons dans une eau gelée qui nous glace les pieds.

19 aout :
La météo semble nous accorder ses faveurs pour cette dernière étape. J’en suis là de mes pensées lorsque j’entend Pierre et Jean-Yves me crier derrière moi : des ours ! Je me retourne cherchant du regard ou ils peuvent être. Ma crainte avec Sun Shine, c’est d’en rencontrer un dans l’eau et que la chienne se mette à faire n’importe quoi dans le kayak m’empêchant de pagayer. Ils y en a 3, une mère et 2 ados qui sont à terre. Pierre voulant faire des photos, nous nous séparons. Je continue ma route vers le camp inuit qui semble désert tandis que Pierre et Jean-Yves essayent de faire des photos des ours qui s’éloignent. J’ai le soleil rasant maintenant dans les yeux et je me rapproche de la plage. Soudain, j’entends sur ma droite un énorme soufflement. Je tourne la tête dans la direction. Un ours ! un mâle solitaire nage à 5 mètre de moi et s’éloigne. J’ai failli lui rentrer dedans ! Je regarde Sun Shine, par chance elle se tient tranquille. Vite, pagayer jusqu’à la berge, attacher la chienne au kayak et sortir mon stylo lance fusée. En allant tirer les kayaks sur la plage, nous voyons 2 autres ours à l’autre bout de la plage. L’endroit est infesté d’ours. 6 en une heure c’est beaucoup !

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