Accueil du site > Actualités > Dossiers > Les défis techniques du son

Les défis techniques du son

Interview de Laurent SCHWARTZ

Le lundi 28 décembre 2009 par Nlcolas Launay

Laurent Schwartz, ingénieur du son collabore avec Tapages & Nocturnes depuis de nombreuses années. Il a récemment participé à deux projets très différents, qui, chacun dans leur domaine, représentent de vrais défis techniques…






Trop la classe, le son !
Trop la classe, produit par KBP pour Disney Channel est adapté d’une série italienne. La version française de Trop la classe, dont c’est la quatrième saison, a vu le jour en 2006. « Chaque épisode, d’une durée de 6 minutes, est tourné avec une caméra unique et compte 5 plans séquences. Nous suivons le quotidien d’une dizaine de collégiens au moment des interclasses ou récréations », explique Laurent Schwartz, chef opérateur son de la série qui a aussi participé au tournage d’un unitaire mettant en scène la bande de collégiens à la campagne.

A ce jour, 186 épisodes de Trop la classe ont été produits. Les tournages en studio exploitent deux décors : le hall du collège et une salle de classe. Laurent Schwartz, qui travaille sur la série depuis plusieurs années, a développé une méthodologie rigoureuse afin d’écourter les temps de postproduction : « Pour la captation du son, j’utilise un rack de 8 HF, une perche et deux micros dynamiques. La configuration de tournage de ce plateau nous permet d’enregistrer directement sur ProTools. J’ai choisi des émetteurs HF Sennheiser 5212 pour leur taille et un ensemble de 8 récepteurs 1046. Les voix des comédiens dans cette série ont énormément de dynamique, ils peuvent chuchoter et se mettre à hurler dans le même plan. Pour ne pas saturer, je baisse donc souvent la sensibilité des microphones à -10 dB ou –15 dB et dans ce cas là, je suis obligé de gagner du grain, ce qui à pour effet de remonter le niveaux de bruit de fond des HF, et notamment le bruit du splittage des antennes quand les comédiens se déplacent. Un rack 1046, de meilleure qualité sur ce point, s’est avéré plus adapté que 4 doubles récepteurs 3532 ».

Face au succès de la série, la production a décidé de produire un unitaire de 52 min en emmenant toute la classe à la campagne ! Les élèves, un professeur écolo et une surveillante psycho-rigide se sont retrouvés dans Trop la classe verte, téléfilm tourné en extérieur à la Bergerie Nationale de Rambouillet. Ce tournage, qui nécessitait de nombreux micros HF simultanément, était relativement complexe d’un point de vue sonore, comme le souligne Laurent Schwartz : « Sur la quasi totalité des scènes, j’avais jusqu’à 10 HF en même temps à cause du nombre de rôles parlant présents. Dans ces conditions, il était très difficile de faire un prémix correct. J’ai donc choisi d’enregistrer séparément chaque microphone. J’ai pris un enregistreur 8 pistes 788T Sound Devices et un 4 pistes 744T Sound Devices linkés entre eux, ce qui faisait 12 pistes au total (10 HF (voir 11) + 1 Perche). Je disposais également d’un Nagra ARES pour les sons seuls stéréos ».

Pour la petite équipe son, constituée de Laurent et du perchman Samuel Lietman, la journée ne s’arrêtait pas après le tournage… « Le soir, pour éviter les pertes de temps lors du tournage, nous avions un gros travail de préparation afin d’anticiper la journée du lendemain. Nous devions programmer un plan de répartition des HF en fonction des scènes et des comédiens. Travailler avec 10, voir 11 émetteurs simultanément pose aussi des problèmes de chevauchement de fréquences, surtout lorsque les émetteurs sont proches les uns des autres, et que les récepteurs sont loin. Pour éviter ce type d’interférences, il fallait parfois switcher d’un émetteur à l’autre en fonction des plans et des positions des comédiens ». Le tournage de ce 52 minutes, qui s’est déroulé sur 9 jours, réunissait 16 comédiens et 8 figurants.

Vertigo, la tête dans les nuages…
Autre projet, autre défi mais dans un registre aux antipodes : des prises de son à quelques centaines de mètres d’altitude… Après, la Terre et l’Eau, l’Air à enfin son magazine avec Vertigo, un rendez-vous hebdomadaire de 90 min, produit par Calt et diffusé sur Jimmy ! L’émission met en scène l’animateur Gaël Leforestier qui emmène un invité dans les airs. Les séquences de saut en parachute, parapente, montgolfière se succèdent. Dans chaque numéro, Vertigo propose ainsi des images à couper le souffle, sous tous les types d’ailes et sur tous les continents.

Le tournage de ce magazine, qui intègre des reportages et des interviews sur plateau, exploite en extérieur 3 caméras plus des paluches. Fort de son expérience, Laurent Schwartz a fait évoluer son dispositif de reportage : « Dans un premier temps, j’ai utilisé un Sound Devices 788 pour les séquences au sol, et pour les séquences en l’air, deux enregistreurs Sound Devices 744T avec deux Sound Devices Mix Pré, glissés dans deux sacs, portés respectivement par l’animateur et l’invité, mais cela était trop volumineux. J’ai donc cherché une solution plus légère, et avec Chis et Eric Ferrou Plattet qui travaillent aussi sur ce programme, nous avons remplacé les 744T par des enregistreurs miniatures Zaxcom ZFR100, qui permettent d’enregistrer chacun une piste au Time Code : un équipement plus compact et léger qui convient mieux ».

Le premier invité de ce rendez-vous était Bruno Salomone. Le comédien a testé le planeur et ses figures acrobatiques puis le parapente dans le cadre de la Coupe Icare, le plus grand événement mondial du vol libre. « Sur ce type de tournage, la difficulté technique est de pouvoir enregistrer l’animateur et l’invité pendant qu’ils sont en vol, avec généralement beaucoup de vent. J’ai donc été chez Tapages, et j’ai sélectionné plusieurs bonnettes de différents modèles, que j’ai mis les unes dans les autres, et j’ai ainsi obtenu principalement deux bonnettes anti-vent capables de résister à des vitesses de 50 km/h, ou de 100 km/h sans trop étouffer le son de la voix », conclu Laurent Schwartz, désormais expert incontestable en bonnettes pour micros cravate !

Crédit photos : Tapages

Poster une réaction



| Tapages & Nocturnes | 10 rue André Citroën 92110 CLICHY 142 Rue de Tocqueville 75017 PARIS | 01 43 18 36 00 | tapages@tapages.fr | SPIP | Suivre la vie du site | Réalisation Oniris Productions - Liseron